44 | Du son au silence

Après avoir fait quelques exercices sur l’écoute globale ou particulière des bruits ou d’une musique nous allons petit à petit nous centrer sur le silence. Notre travail commence à porter ses fruits sur la pacification mentale, il est temps d’aborder le grand silence (on appeler Bouddha Le Grand Silencieux).

Posé en méditation, votre ouïe est toute ouverte comme votre esprit, vous entendez tout sans vous y focaliser. Il y a une distance entre vous et le bruit, comme entre vous et les pensées qui passent. Sentez vous ancré au sol, serein, grand et fort comme une montagne. Les bruits comme les pensées peuvent vous aborder, comme le vent effleure la montagne, mais vous ne retenez rien. Rien ne dure, rien n’est éternel. Les sons, comme les pensées passent, laissez les passer, comme on laisse passer les nuages en regardant le ciel.

Vous êtes serein, posé, tranquille.

43| Le silence après Mozart, c’est encore du Mozart

Beaucoup de propositions de méditation sur internet, sur Youtube proposent des méditations avec des musiques. Je ne suis pas très favorable à cette pratique car le plus souvent c’est surtout un support pour que l’esprit parte et divague, plutôt que d’être attentif et ouvert. D’un autre côté pour certaines personnes qui ont trop de mal ou d’angoisses à se retrouver dans le silence, la musique peut-être une aide pour se centrer. Et puis n’évacuons pas le côté relaxant de la musique (mais nous sommes alors dans de la relaxation pas dans de la méditation).

Toutefois et malgré tout cela, aujourd’hui je vais vous proposer une méditation à base de musique. Toujours dans l’approche de la méditation par l’ouïe, je vous propose d’écouter une musique assez courte (moins de 10 mn) que vous écouterez. Mais l’objectif est d’écouter la musique en entier sans décrocher un seul instant.

Et ensuite profitez pour mettre un peu de silence dans votre vie 😉 comme disait Guitry « Le silence après Mozart, c’est encore du Mozart », alors n’ayons pas peur du silence, de l’inactivité, du repos, de la méditation ….

42| UN son

Pour continuer la méditation sur le son, au lieu, comme à la précédente fois, de tout entendre, essayez de vous focaliser sur un seul bruit. Sortir un bruit de tous les sons globaux, que vous soyez en ville ou à la campagne. Restez centré sur ce bruit. Comme pour la centration sur la respiration, y revenir.

Entraînez ainsi votre esprit à rester centré, à ne pas divaguer, cela vous permettra ensuite, comme nous avons pu le voir précédemment, à être au contraire plus ouvert à ce qui est, sans jugement.

41| Le Grand Silence derrière le bruit

Nous nous sommes beaucoup centrés sur la vue au cours de nos précédentes pratiques de la méditation mais nous pouvons user de nos 5 sens (et bien plus) pour pacifier notre mental.

De la même manière nous avons cherché à favoriser un temps et un lieu de sérénité pour entrer en méditation. Mais maintenant que nous avançons sur le sentier méditatif nous pouvons chercher à pratiquer la méditation à toute heure en tout lieu, même si nous vivons dans un contexte urbain au niveau sonore élevé.

Il nous suffit de prendre ce vacarme citadin comme objet de méditation. Maintenant que nous avons appris à calmer notre respiration, il nous est plus facile de nous relâcher et à ce moment là d’accueillir cette cacophonie, d’être vigilant et d’en saisir chaque composant comme on goûterait les arômes d’un vin. D’être présent à ce qui est. Cette présence sonore, au-delà d’être un support de méditation, peut aussi transmuter intérieurement cette cacophonie en une sorte de symphonie moderne.

« Il y a de la musique dans le soupir du roseau. Il ya de la musique dans le bouillonnement du ruisseau. Il y a de la musique en toutes choses, si les hommes pouvaient l’entendre »

Lord Byron

Transformez pour vous-même les bruits en sons, voire en musique, pour trouver le Grand Silence derrière ce bruit

« Un arbre qui s’abat fait beaucoup de bruit ; une forêt qui germe, on ne l’entend pas. »

Gandhi

 

40| La vue sans la vue

La pratique de la méditation permet d’accéder à cet état de « la vue sans la vue ». C’est à dire la capacité de regarder les choses sans porter un jugement égotique (j’aime, je n’aime pas, c’est bien, ce n’est pas bien), sans prénotion dessus. C’est atteindre à une vision systémique où chaque chose est à sa place et prend son sens, une vision holistique qui ne part pas de soi, de ses limitations mais qui remet les choses à leur juste place dans la Vie.

« Chercher le Bouddha, c’est perdre le Bouddha ; chercher les patriarches, c’est perdre les patriarches ; chercher la Voie, c’est perdre la Voie… Tout ce qu’il faut c’est avoir la vue juste » Lin Tsi

La méditation est un état actif dans la mesure où il déborde du simple temps assis sur le zafu sur le quotidien de la vie. Cette « vue sans la vue » est celle que nous pouvons porter sur les gens, les objets dans la journée, sans être dans un rejet, ni dans un attachement et surtout ni dans une ignorance ou un déni. C’est à partir de cet état, de cette vision que nous pouvons agir chaque jour comme notre situation nous l’impose.

39| La Claire Lumière

La méditation sans objet est LA méditation, même si des tas d’autres pratiques de méditation, comme nous avons pu les voir, sont très aidantes, voire indispensable, pour atteindre un état mental pacifié, une sensation de relaxation.

Méditer sans objet, comme son nom l’indique est de ne plus focaliser sur quoi que ce soit. Pour autant nous gardons les yeux ouverts sur la vie, nous ne nous retirons pas égoïstement de la société. Les yeux mi-ouverts,nous posons notre regard à quelques mètres devant soi, sans focaliser sur quoi que ce soit, comme regardant à l’infini. Quoi qu’on puisse voir comme objet, personne, nous ne cherchons pas à porter de jugement, de souvenirs, d’histoire et de bavardage dessus. Si cela se passait malgré tout, retournons notre regard vers l’intérieur, descendons dans notre hara, comme vu la dernière fois.

Si nous arrivons à nous détacher de toute convergence entre ce que nous voyons et nos émotions nous atteignons un état d’esprit subtil et fondamental qu’on nomme « la Claire Conscience » ou « Claire Lumière » ou « Pure Conscience » dans les traditions spirituelles.

Cet état n’est pas un état hypnotique, il n’est pas endormissement ni perte dans le néant. Il est Présence, détachée de toute perturbation.

Nous sommes sur le « Sentier », la « Voie », le « Tao », le « Do ».

38| Retourner son regard

Après avoir pris des supports de méditation, techniques qui peuvent aider la focalisation, il est opportun de se tourner vers la méditation sans objet. Le risque de rester dans une méditation toujours centrée sur un objet extérieur est de n’user que d’une technique plutôt que de méditer réellement et créer un attachement à cette technique.

Dôgen propose de « retourner son regard » dans la méditation. Pour commencer vous pouvez fermez les yeux et vous centrer sur le hara, ce point situé aux alentours du nombril. Soyez présent aux sensations, aux énergies, aux mouvements qui peuvent exister, que vous pouvez ressentir dans cet endroit. Ne cherchez pas à créer quoi que ce soit, restez simplement vigilant.

« Vous devez donc renoncer à l’intelligence qui poursuit les mots pour apprendre la démarche du retournement du regard. Le corps et l’esprit seront naturellement libérés et votre véritable visage apparaîtra. »
Dogen